New Delhi, bien plus rarement Nouvelle-Delhi, est la capitale de l'Inde. Elle abrite les institutions politiques nationales du pays : le siège du gouvernement de l'Inde, celui du Parlement, les résidences du président, du vice-président, du Premier ministre, et le siège de la Cour suprême.
C'est une municipalité de près de 250 000 habitants au sein du territoire de Delhi, dont elle est également la capitale et qui compte en tout 16,3 millions d'habitants.
Une ville nouvelle créée au début du XXe siècle par la volonté des Britanniques de déplacer la capitale du Raj britannique, alors à Calcutta, vers une position plus centrale et symbolique. Sa construction a été annoncée le 22 mars 1911 par George V lors du durbar.
Située dans le Nord de l'Inde, la capitale indienne se trouve à 238 km au nord-est de Jaipur, à 691 km au sud-est d'Islamabad, à 778 km au nord-est d'Ahmedabad, à 800 km à l'ouest de Kathmandou, à 1 151 km au nord-nord-est de Bombay, à 1 303 km à l'ouest-nord-ouest de Calcutta et à 6 588 km à l'est de Paris. New Delhi constitue une municipalité à l'intérieur du territoire de Delhi. Bien qu'édifiée à proximité de la Yamuna, un affluent du Gange, la municipalité de New Delhi ne borde pas directement cette rivière. La plaine alluviale formée par la Yamuna abrite un sol fertile mais inondable. La capitale indienne se trouve à une altitude moyenne de 216 mètres.
Delhi a été la capitale de plusieurs empires indiens, notamment du sultanat de Delhi puis de l'Empire moghol (de 1649 à 1857). Au début des années 1900, la proposition est faite de transférer l'administration de l'Empire britannique des Indes de Calcutta, jugée trop excentrée, vers Delhi dont la position plus centrale rendrait l'administration de l'empire plus aisée.
Le 12 décembre 1911, pendant le durbar à Delhi, George V annonce le transfert de la capitale de l'Empire et pose la première pierre de la résidence du vice-roi à Coronation Park.
La nouvelle ville est conçue par les architectes britanniques Edwin Lutyens et Herbert Baker, comme un témoignage de la grandeur de l'Empire britannique.
Le Delhi Town Planning Commitee conçoit des plans pour la ville au nord et au sud de la vieille Delhi. L'axe central – aujourd'hui orienté est-ouest – devait à l'origine être un axe nord-sud, de la résidence du vice-roi à Paharganj. Finalement, en raison des contraintes d'espace et de la présence d'un grand nombre de sites historiques au nord, le comité choisit de construire la ville au sud. La colline Raisina est choisie comme lieu de la résidence du vice-roi (aujourd'hui, Rashtrapati Bhavan) car située à l'opposé de Purana Qila, le « vieux fort », site supposé d'Indraprastha, la capitale des Pandava. Rajpath, la « voie royale », est tracée à l'est de la résidence vers l'India Gate.
La construction ne débute réellement qu'après la Première Guerre mondiale. Une ligne de chemin de fer, l'Imperial Delhi Railway, est construite afin de transporter le matériel et les ouvriers pendant les vingt années du chantier, ainsi qu'une déviation pour la ligne Agra-Delhi, qui coupait alors le chantier au site prévu pour l'India Gate, et la gare de New Delhi, qui ouvre en 1926.
Les bâtiments du Secrétariat, qui abritent les ministères et flanquent la résidence du vice-roi au nord et au sud de Rajpath, et l'hôtel du Parlement sont conçus par Herbert Baker. En même temps est construite Connaught Place, un quartier commercial conçu par Robert Tor Russell.
La nouvelle capitale est officiellement inaugurée le 13 février 1931 par le vice-roi lord Irwin. Entre 1912 et l'inauguration, l'administration impériale est abritée dans un secrétariat temporaire dans le nord de Delhi. Les fonctionnaires sont logés dans de nouveaux quartiers autour de Gole Market à partir des années 1920. À partir des années 1940, de nouvelles résidences sont construites près des jardins Lodi.
Après l'Indépendance de l'Inde en 1947, New Delhi reçoit une autonomie limitée et est administrée par un commissaire en chef nommé par le gouvernement central. En 1956, elle est intégrée au nouveau territoire de Delhi et le commissaire en chef est remplacé par un lieutenant-gouverneur.
Dans les années 1950, le ministère central des Travaux publics développe une large zone au sud-est de la New Delhi de Lutyens pour créer l'enclave diplomatique de Chanakyapuri, où des terrains sont alloués aux ambassades, hautes commissions et résidences des ambassadeurs.
En février 2020, dans le contexte des manifestations contre l'amendement de la loi sur la citoyenneté, des groupes de nationalistes hindous armés ont attaqué les quartiers à majorité musulmane de New Delhi, faisant 53 morts, des centaines de blessés et de mutilés, et incendiant des milliers de maisons. Le rôle de la police dans ces violences a été dénoncé par les organisations de défenses des droits de l'homme. Amnesty International a ainsi relevé dans un rapport « de graves violations des droits de l’homme », le passage à tabac de manifestants musulmans par les policiers, et la participation de ces derniers aux violences aux côtés des nationalistes hindous.
L'architecture de New Delhi est ainsi un mélange de styles britannique et indigène, comme l'illustrent l'utilisation de grès beige et rose pour les nombreux bâtiments officiels et la construction de jardins d’inspiration moghole. Pour Jack Cardiff, la nouvelle ville se devait d'être « ni sarrasine, ni britannique mais résolument indienne, retenant les motifs de la vieille ville, mais les dignifiant d’une nouvelle austérité. »
Outre les édifices datant de la construction de la ville par les Britanniques, New Delhi compte un riche patrimoine hérité des empires précédents. Le Qûtb Minâr, datant du XIIe siècle, est par exemple le plus haut minaret d'Inde et le troisième plus haut au monde ; il fait partie du complexe de la mosquée Quwwat-ul-Islam datant du sultanat de Delhi. Le mausolée de Humayun (XVIe siècle) abrite la tombe de l'empereur moghol Humayun. Enfin, Jantar Mantar est observatoire astronomique construit au XIIIe siècle par le maharaja de Jaipur Jai Singh II.
Outre ces monuments, New Delhi compte également des édifices construit plus récemment. C'est notamment le cas de musées comme le Musée national ou le musée national d'Art moderne, mais également d'édifices liés à l'histoire récente de l'Inde : Gandhi Smriti, où le Mahatma Gandhi passa les derniers 144 jours de sa vie et où il fut assassiné le 30 janvier 1948, ou Teen Murti Bhavan, ancienne résidence du Premier ministre de l'Inde Jawaharlal Nehru et aujourd'hui un musée consacré à l'histoire du mouvement pour l'indépendance
New Delhi abrite également le temple du Lotus, un des principaux temples de la religion bahá’íe.
New Delhi a été désignée par l'Organisation mondiale de la santé (OMS) comme la ville la plus polluée du monde en 2015, dans une liste de 1 600 métropoles. Début novembre 2019, la concentration de particules fines PM2,5 atteint 810 microgrammes par mètre cube d'air, alors que l'OMS recommande de ne pas dépasser 25 en moyenne journalière. L'AFP rapporte que « nombre d'habitants se plaignaient de problèmes à la gorge et aux yeux. Beaucoup tentaient de se protéger avec des masques. » La ville connaît chaque année des épisodes très violents de pollution de l'air, dus à la circulation automobile, aux rejets industriels et aux fumées des brûlis agricoles dans les régions voisines. La pollution de l'air à New Delhi retire en moyenne 10 ans d'espérance de vie à chaque habitant.
La pollution de l'air a aggravé sensiblement la pandémie de Covid-19 : l'Association médicale indienne estime que 13 % des cas de Covid-19 à New Delhi sont liés à la pollution de l'air.
Le problème s'accentue encore durant la décennie 2012-2022 avec une augmentation de 25 % des décès dus à la pollution extérieure. La moyenne annuelle sur vingt-quatre heures de concentration de particules PM2 à Delhi est de 110 μg/m3, quand l’OMS recommande de ne pas dépasser le seuil de 5 µg/m3. Le gouvernement de Narendra Modi et les autorités régionales se renvoient la responsabilité de cette situation, sans jamais mener de vraies politiques de santé publique. Une étude du Center for Policy Research soutient que l'apathie des autorités est due en partie aux conflits d’intérêts au sein des deux organes chargés de la lutte contre la pollution (State Pollution Control Board et Pollution Control Committee), composés en majorité de représentants de "pollueurs potentiels".
Dans la banlieue orientale de New Delhi, la décharge de Ghazipur, la montagne de déchets la plus élevée de l'Inde, s’élève à plus de 60 mètres et s'étend sur une superficie équivalente à 40 terrains de football, tout en avançant de 10 mètres par an. Environ 2 000 tonnes de poubelles y sont déchargées chaque jour. En 2018, de fortes précipitations ont causé l'effondrement d'une partie de la montagne, tuant deux personnes. Elle est également à l'origine de maladies et d'odeurs nauséabondes. Les deux autres principales décharges de la ville sont Okhla et Narela-Bawana. Ces ordures dégagent du méthane du fait de leur pourriture, et prennent parfois feu, libérant des gaz toxiques.
Mes sources : Wikipedia.org/wikiNew_Delhi (consultation novembre 2024)