Sarah Bernhardt

Sarah Bernhardt et Belle Île

Nous sommes en 1894. Sarah Bernhardt, qui a 50 ans, est au sommet de sa gloire. Elle découvre Belle-Ile-en-Mer en compagnie de son ami, le peintre Georges Clairin.

C'est le coup de foudre. Se promenant sur la pointe des Poulains, elle voit un fortin à vendre. L'affaire sera conclue dans les heures qui suivront. Plus tard elle écrira : « Belle-Ile est une perle précieuse, une émeraude délicate, un diamant rare irisé par les reflets bleus du ciel et de la mer mêlés. J'aime infiniment cette île ».

En 1896, elle y passe son premier été. La Divine ou la Scandaleuse, comme on la surnomme, est très entourée. Très vite, l'ouvrage défensif, qui a été entièrement restauré, s'avère bien trop exigu pour recevoir ses nombreux invités. Sarah Bernhardt fait alors construire deux grandes maisons : la villa Lysiane (du nom de sa petite-fille) et les Cinq parties du monde, en souvenir des tournées internationales qui l'ont menée du continent américain aux îles du Pacifique telles qu'Hawaï ou les îles Sandwich.

À cette époque, débarquer à Belle-Ile est une véritable expédition. Il faut, au bas mot, douze heures de train entre Paris et Auray. Puis, direction Quiberon où l'on embarque à bord de chaloupes qui mettent parfois plusieurs heures à atteindre la côte belliloise.

Cette distance n'effraie aucunement Sarah Bernhardt qui étendra son emprise sur la pointe des Poulains, achetant la ferme de Penhoët. Puis le manoir du même nom, détruit pendant la Seconde Guerre mondiale. Elle fera ériger un haut mur autour de sa propriété pour écarter les badauds. Et, pour ne jamais être à court de vivres, elle fera construire une basse-cour. Mais aussi des courts de tennis et un jardin irrigué.

À Belle-Ile, les journées de la tragédienne sont particulièrement bien remplies. « Je me repose en me fatiguant », expliquait-elle à ses amis. Chasse, pêche à la crevette en robe blanche, longues promenades. Le rythme est soutenu. « La dame blanche » ou « la dame de Penhoët », comme l'appelaient les habitants, est très sensible à la vie des îliens.

L'hiver 1911 est marqué par une succession de très violentes tempêtes qui empêchent les pêcheurs de prendre la mer. Certaines familles sont dans le désarroi. Pour leur venir en aide, Sarah Bernhardt organisera, à Paris, avec des amis artistes, une matinée de gala. Les bénéfices de ce spectacle seront intégralement reversés aux insulaires et serviront aussi à financer la construction d'une boulangerie coopérative.

C'est la mort dans l'âme qu'en 1922 Sarah Bernhardt, malade et amputée d'une jambe, doit se séparer de sa propriété. La comédienne décédera l'année suivante. Son corps ne sera pas inhumé face à la mer, comme elle l'avait tant désiré. Mais au cimetière du Père Lachaise, à Paris.

Pendant de longues années, le fort et les dépendances ont été laissés à l'abandon par les propriétaires successifs. En 2000, le domaine a été acquis par le Conservatoire du littoral qui y a engagé des travaux de restauration.

Depuis 2006, la communauté de communes y gère un espace muséographique consacré à la vie insulaire de la grande tragédienne. « Les meubles et les objets qui sont exposés n'appartenaient pas à Sarah Bernhardt, explique Isabelle Boullard responsable du site. Un muséographe s'est chargé, à partir de photos d'époque, de reconstituer l'intérieur. Seuls les vêtements exposés, donnés par la famille, ont réellement appartenu à la comédienne ».

Le résultat, d'une grande fidélité, est étonnant. Et les quelque 25.000 visiteurs qui y viennent chaque année ont le sentiment que la dame de Penhoët vient tout juste de quitter les lieux. Ayant oublié son livre préféré sur son chevet.

 (Sources : Wikipedia)

La vie de Sarah Bernhardt

Henriette-Marie-Sarah Bernhardt dite Sarah Bernhardt, née à Paris vraisemblablement en octobre 1844 et morte dans la même ville le 26 mars 1923, est une des plus importantes actrices françaises du XIXe siècle et du début du XXe siècle.

Appelée par Victor Hugo « la Voix d'or », mais aussi par d'autres « la Divine » ou encore l'« Impératrice du théâtre », elle est considérée par beaucoup comme une des plus grandes tragédiennes françaises du XIXe siècle. Première « star » internationale, elle est la première comédienne à avoir fait des tournées triomphales sur les cinq continents, Jean Cocteau inventant pour elle l'expression de « monstre sacré ».

La mère de Sarah, Judith-Julie Bernhardt (1821-1876), modiste et fille d'un marchand de spectacles  juif néerlandais, était une courtisane parisienne connue sous le nom de « Youle ».

Du fait de la destruction des archives officielles lors des évènements de la Commune de Paris, la date de naissance de Sarah Bernhardt reste incertaine. Si ses biographes donnent habituellement les dates 22 ou 23 octobre 1844, il existe des propositions la situant en juillet ou septembre de 1844, voire en 1843 ou même en 1841. En outre, pour faciliter les démarches d'obtention de la Légion d'honneur et prouver la nationalité française de l'actrice, un acte de naissance rétrospectif est établi par décision de justice le 23 janvier 1914, sur la base d'un certificat de baptême produit par Sarah Bernhardt bien que la falsification de celui-ci n'ait trompé personne, pas même les magistrats. Celui-ci est ainsi daté du 25 septembre 1844 et affecté aux registres du 15e arrondissement de Paris. Dans ce faux, elle se déclare fille de Judith van Hard et d'Édouard Bernhardt un père qui, selon ses différentes versions, appartenait à une riche famille d'armateurs du Havre, ou y était un étudiant en droit. Certaines sources évoquent un officier de marine havrais, du nom de Morel.

De même le lieu de sa naissance n'est pas plus sûrement établi : une plaque mentionnant sa naissance est apposée au n°5 de la rue de l'École-de-Médecine, on évoque également la rue Saint-Honoré - au 32 ou au 265 - ou encore le 22 de la rue de la Michodière.

Ses prénoms - Henriette-Marie-Sarah - sont également parfois présentés dans un ordre différent selon les sources, certaines indiquant « Sarah-Marie-Henriette » ou encore « Henriette-Rosine Bernard », suivant le nom qu'elle avait donné lors de son inscription au Conservatoire, « Rosine (dite Sarah) ».

Une certaine inclination de l'actrice à la fabulation concernant sa vie n'a pas aidé à démêler ces différents écheveaux.

Sarah Bernhardt eut au moins trois sœurs et souffrit en particulier longtemps de la préférence de sa mère pour sa jeune sœur Jeanne-Rosine, également comédienne. Délaissée par Youle qui choisit la vie mondaine à Paris, elle passe une petite enfance solitaire chez une nourrice à Quimperlé où elle ne parle que le breton. Le duc de Morny, l'amant de sa tante, pourvoit à son éducation en l'inscrivant dans l’institution de Mlle Fressard puis en 1853 au couvent des Grand-Champs à Versailles. Elle y devient mystique catholique. Elle y joue son premier rôle, un ange dans un spectacle religieux. De confession juive, elle reçoit le baptême chrétien en 1857 et envisage de devenir religieuse.

C'est alors que son nom aurait été francisé en « Bernard » et qu'elle quitte vers quatorze ans la vie monacale et passe le concours du Conservatoire où elle est reçue. « Tout le monde m'avait donné des conseils. Personne ne m'avait donné un conseil. On n'avait pas songé à me prendre un professeur pour me préparer ».

Elle prend aussi des leçons d'escrime, dont elle tirera profit dans ses rôles masculins comme Hamlet.

Elle entre en 1859 au Conservatoire d'Art dramatique de Paris sur la recommandation du duc de Morny dans la classe de Jean-Baptiste Provost. Sortie en 1862 avec un second prix de comédie, elle entre à la Comédie-Française mais en est renvoyée en 1866 pour avoir giflé une sociétaire, Mlle Nathalie, celle-ci ayant elle-même violemment bousculé sa sœur qui avait marché sur sa traîne. Elle signe alors un contrat avec l'Odéon. Elle y est révélée en jouant Le Passant de François Coppée en 1869. En 1870, pendant le siège de Paris, elle transforme le théâtre en hôpital militaire et y soigne le futur maréchal Foch qu'elle retrouvera quarante-cinq ans plus tard dans les tranchées de la Marne. Elle triomphe dans le rôle de la Reine de Ruy Blas en 1872 ce qui la fait surnommer la « Voix d'or » par l'auteur de la pièce, Victor Hugo. Ce succès lui vaut d'être rappelée par la Comédie-Française où elle joue dans Phèdre en 1874 et dans Hernani en 1877.

À cette époque, la police soupçonne Sarah d'user de ses charmes - à l'instar de sa mère - pour se faire une situation et soutenir ses dépenses. Néanmoins, avec le succès, les épithètes laudatives se multiplieront à son sujet : « la Divine », l'« Impératrice du théâtre »…

En 1880, elle démissionne avec éclat du « Français », devant lui payer cent mille francs-or en dommages et intérêts pour rupture abusive de contrat. Elle crée sa propre compagnie avec laquelle elle part jouer et faire fortune à l'étranger jusqu'en 1917. Première « star » internationale, elle est la première comédienne à avoir fait des tournées triomphales sur les cinq continents, Jean Cocteau inventant pour elle l'expression de « monstre sacré ». Dès 1881, à l'occasion d'une tournée de Bernhardt en Russie, Anton Tchekhov, alors chroniqueur décrit malicieusement « celle qui a visité les deux pôles, qui de sa traîne a balayé de long en large les cinq continents, qui a traversé les océans, qui plus d'une fois s'est élevée jusqu'aux cieux », brocardent l'hystérie des journalistes « qui ne boivent plus, ne mangent plus mais courent » après celle qui est devenue « une idée fixe (sic) ».

Elle interprète à plusieurs reprises des rôles d'homme (Hamlet, Pelléas), inspirant à Edmond Rostand sa pièce L'Aiglon en 1900. Elle se produit à Londres, à Copenhague, aux États-Unis (1880-1881) où elle affrète un train Pullman pour sa troupe et ses 8 tonnes de malles, et en Russie, notamment au théâtre Michel de Saint-Pétersbourg (en 1881, 1892 et 1908). Son lyrisme et sa diction emphatique enthousiasment tous les publics. Afin de promouvoir son spectacle, elle rencontre Thomas Edison à New York et y enregistre sur cylindre une lecture de Phèdre. Elle devient l'une des très rares artistes français à avoir son étoile sur le Hollywood Walk of Fame à Los Angeles.

Proche d'Oscar Wilde, elle lui commande la pièce Salomé, dont elle interprète le rôle-titre, en 1892. À partir de 1893, elle prend la direction du théâtre de la Renaissance où elle remonte quelques-uns de ses plus grands succès (Phèdre, La Dame aux camélias) mais crée aussi de nombreuses pièces comme Gismonda de Victorien Sardou, La Princesse lointaine d'Edmond Rostand, Les Amants de Maurice Donnay, La Ville morte de Gabriele D'Annunzio et Lorenzaccio d'Alfred de Musset (inédit à la scène), puis, en 1899, du théâtre des Nations qu'elle rebaptise « théâtre Sarah-Bernhardt » et où elle crée entre autres L'Aiglon de Rostand et reprend La Tosca de Sardou. Elle apporte son soutien à Émile Zola au moment de l’affaire Dreyfus, elle soutient Louise Michel et prend position contre la peine de mort.

Le 9 décembre 1896, une « Journée Sarah Bernhardt » est organisée à la gloire de l'actrice par Catulle Mendès, où se presse le Tout-Paris : un repas de cinq-cents convives au Grand Hôtel précède un gala au théâtre de la Renaissance - qu'elle dirige alors - où l'actrice se rend accompagnée de deux-cents coupés et où l'on peut entendre entre autres hommages un Hymne à Sarah composé par Gabriel Pierné sur des paroles d'Armand Silvestre et interprété par l'orchestre Colonne.

Ayant compris l'importance de la réclame, elle met en scène chaque minute de sa vie et n'hésite pas à associer son nom à la promotion des produits de consommation. Son style et sa silhouette inspirent la mode, les arts décoratifs mais aussi l’esthétique de l’Art nouveau. Elle fait elle-même appel au peintre Alfons Mucha pour dessiner ses affiches à partir de décembre 1894. Ces six années de collaboration donnent un second souffle à sa carrière. Tuberculeuse comme sa sœur Régina qui en meurt en 1874, elle développe une certaine morbidité en se reposant régulièrement dans un cercueil capitonné qui trône chez elle. Devant le scandale suscité, elle s'y fait photographier par Nadar pour en vendre des photos et cartes postales.

En 1905, lors d'une tournée au Canada, le premier ministre Wilfrid Laurier l'accueille à Québec ; mais l’archevêque Louis-Nazaire Bégin, détestant le théâtre, demande à ses paroissiens de boycotter la représentation et l’actrice, habituée aux foules, se produit devant une salle en partie vide.

Vers la fin de sa vie, Sarah Bernhardt, après avoir joué dans plus de 120 spectacles, devient également actrice de cinéma. Son premier film est Le Duel d'Hamlet réalisé en 1900. C'est un des premiers essais de cinéma parlant avec le procédé du Phono-Cinéma-Théâtre, où un phonographe à cylindre synchronisait plus ou moins la voix de l'actrice aux images projetées. Elle tournera d'autres films - muets - dont deux œuvres autobiographiques, la dernière étant Sarah Bernhardt à Belle-Île en 1912, qui décrit sa vie quotidienne.

Elle est amputée de la jambe droite le 12 mars 1915 à la clinique Saint-Augustin de Bordeaux, à l'âge de 70 ans, en raison d'une tuberculose osseuse du genou, aggravée par une blessure survenue lors d'une représentation du Procès de Jeanne d'Arc au théâtre de la Porte-Saint-Martin en 1890. Plâtré, ce genou a développé une gangrène.

Les premiers symptômes remontent aux sauts répétés, treize ans plus tôt en 1887, du parapet dans le final de La Tosca, la comédienne ayant chuté à de nombreuses reprises sur les genoux. Son ami médecin Samuel Pozzi refuse d'amputer son ancienne conquête et sollicite pour l'opération le concours du professeur Jean-Henri Maurice Denucé. Cela ne l'empêche pas de continuer à jouer assise (elle refusait de porter une jambe en bois ou une prothèse en celluloïd), ni de rendre visite aux poilus au front en chaise à porteurs, lui valant le surnom de « Mère La Chaise ». Son refus des faux-semblants n'avait pas été jusqu'à lui faire négliger la chirurgie esthétique ; en 1912 elle demande au chirurgien américain Charles Miller un lifting, technique alors débutante, dont les résultats seront corrigés par Suzanne Noël.

Alors qu'elle était en train de tourner un film pour Sacha Guitry, La Voyante, elle meurt le 26 mars 1923, au 56 boulevard Pereire, en présence de son fils. Le gouvernement lui organise des obsèques nationales. Elle est enterrée à Paris au cimetière du Père-Lachaise (division 44).

La performance théâtrale de Sarah Bernhardt, que ses contemporains acclamèrent à l'égale de celle de Mounet-Sully, est, comme cette dernière, emphatique tant dans la pantomime que dans la déclamation. Les modulations de la voix s'éloignent délibérément du naturel ; les émotions sont rendues, tant par le geste que par l'intonation, plus grand que nature. Ce style hérité de la déclamation baroque se démode avant la fin de sa carrière ; Alfred Kerr remarque « tout ce qui sort de sa bouche est faux ; sinon, tout est parfait ». Les critiques modernes qui écoutent ses enregistrements de Phèdre chez Thomas Edison en 1903 sont souvent déçus.

Vers 1874, alors qu'elle est une comédienne au talent reconnu, mais manquant d'emplois qui l'intéressent, Sarah Bernhardt apprend le modelage, puis la peinture. Elle fréquente l'académie Julian et présente au Salon de 1880 La Jeune Fille et la Mort, reçu « moins comme un résultat qu'une promesse ». Elle réalise également quelques bronzes, dont un buste d'Émile de Girardin et un de Louise Abbéma exposés aujourd'hui au musée d'Orsay.

Les détails de la vie privée de Sarah Bernhardt sont souvent incertains ; quand elle expliquait : « je suis si mince, si maigre, que quand il pleut je passe entre les gouttes », Alexandre Dumas fils — qui la détestait — ajoutait dans une discussion avec le journaliste Louis Ganderax « elle est si menteuse qu’elle est peut-être grasse».

La vie privée de Sarah Bernhardt fut assez mouvementée. À l'âge de vingt ans, elle donne naissance à son seul enfant qui deviendra écrivain, Maurice Bernhardt, fruit d'une liaison avec un noble belge, Henri de Ligne (1824-1871), fils d'Eugène François Charles Lamoral, prince de Ligne (1804-1880). Elle a par la suite plusieurs amants, dont Charles Haas, mondain très populaire à qui elle vouait une véritable passion alors qu'il la traitait en femme légère et la trompait sans états d'âme. Après leur rupture, ils demeurèrent cependant amis jusqu'à la mort de Haas. On compte également des artistes tels que Gustave Doré et Georges Jules Victor Clairin et des acteurs tels que Mounet-Sully, Lucien Guitry et Lou Tellegen ou encore son « Docteur Dieu » Samuel Pozzi. On parle également de Victor Hugo et du prince de Galles. Certaines sources lui prêtent également des liaisons homosexuelles, notamment avec la peintre Louise Abbéma qui fit d'elle plusieurs portraits.

En 1874-1875, elle entretient des rapports intimes moyennant rétribution avec plusieurs députés dont Léon Gambetta, Henri Ducasse et le comte de Rémusat.

En 1882, elle se marie à Londres avec un acteur d'origine grecque, Aristides Damala (en), mais celui-ci est dépendant de la morphine et leur relation ne dure guère. Elle restera cependant son épouse légitime jusqu'à la mort de l'acteur, en 1889 à l'âge de 34 ans.

Elle était amie du poète Robert de Montesquiou qui lui avait dédié un poème (inédit). Ce poème manuscrit faisait partie de sa bibliothèque vendue en 1923.

Sarah Bernhardt a séjourné plusieurs années avec ses commensaux — qu'elle appelait « sa ménagerie » — dans un fortin militaire désaffecté qu'elle avait acquis en 1894 au lieudit « La Pointe des Poulains », à Belle-Île-en-Mer (île que lui avait fait découvrir son portraitiste attitré Georges Clairin) ; à côté de ce fortin elle avait fait bâtir, décorer et meubler la villa Lysiane (le prénom de sa petite-fille) et la villa Les Cinq Parties du monde, travaux importants qui lui coûtèrent plus d'un million de francs-or, somme considérable pour l'époque. Elle s'installa quant à elle dans le manoir de Penhoët, un manoir de briques rouges, aujourd'hui disparu lors des bombardements de la Seconde Guerre mondiale ; qu'elle avait acheté, car elle le jugeait trop proche de son fortin, et aussi plus confortable. En 1922, infirme et malade, elle vend ces propriétés, où un musée lui est consacré depuis 2007.

Sa devise était « Quand même » en référence à son audace et à son mépris des conventions. Alors qu'elle est attaquée par des détracteurs sur ses origines, après la défaite de 1871, elle déclare : « Si j'ai de l'accent, Monsieur (et je le regrette beaucoup), mon accent est cosmopolite, et non tudesque. Je suis une fille de la grande race juive, et mon langage un peu rude se ressent de nos pérégrinations forcées ».

Elle a en partie inspiré à Marcel Proust - sans doute avec les comédiennes Rachel et Réjane - le personnage de l'actrice « La Berma » dans À la recherche du temps perdu. Proust la désignait parfois dans sa correspondance par « Haras », son prénom à l'envers.

Sacha Guitry, dans ses Mémoires, l'évoque ainsi :

« Madame Sarah jouait un grand rôle dans notre existence. Après notre père et notre mère, c'était assurément la personne la plus importante du monde à nos yeux. […] Que l'on décrive avec exactitude et drôlerie - ainsi que Jules Renard l'a fait dans son admirable Journal - sa maison, ses repas, ses accueils surprenants, ses lubies, ses excentricités, ses injustices, ses mensonges extraordinaires, certes […] mais qu'on veuille la comparer à d'autres actrices, qu'on la discute ou qu'on la blâme, cela ne m'est pas seulement odieux : il m'est impossible de le supporter. […] Ils croient qu'elle était une actrice de son époque. […] Ils ne devinent donc pas que si elle revenait, elle serait de leur époque »

On lui attribue aussi ces mots :

 « Il faut haïr très peu, car c'est très fatigant. Il faut mépriser beaucoup, pardonner souvent, mais ne jamais oublier. »

 Sarah Bernhardt, à qui une jeune comédienne a déclaré qu'elle avait déjà joué plusieurs fois et qu'elle n'avait même plus de trac, aurait alors répondu : « Ne vous en faites pas, le trac, cela viendra avec le talent ».

(Sources : Wikipedia)

 

La carrière de Sarah Bernhardt

Théâtre

 1862 : Iphigénie de Racine, Comédie-Française : Iphigénie

 Valérie d'Eugène Scribe

 Les Femmes savantes de Molière

 1864 : Un mari qui lance sa femme d'Eugène Labiche et Raymond Deslandes : La princesse Douchinka

1866 : La Biche aux bois de Théodore Cogniard et Hippolyte Cogniard, théâtre de la Porte-Saint-Martin

 Phèdre de Racine : Aricie

 Le Jeu de l'amour et du hasard de Marivaux : Silvia

1867 : Les Femmes savantes de Molière : Armande

 Le Marquis de Villemer de George Sand

François le Champi de George Sand, Théâtre de l'Odéon : Mariette

1868 : Kean de Dumas père : Anna Damby

1869 : Le Passant de François Coppée, théâtre de l'Odéon : Zanetto le troubadour (son premier grand succès)

1870 : L'Autre de George Sand

1871 : Jeanne-Marie d'André Theuriet

1871 : Fais ce que dois de François Coppée

 La Baronne d'Édouard Foussier et Charles Edmond

La Princesse Georges d'Alexandre Dumas fils

1872 : Mademoiselle Aïssé de Louis Bouilhet

Ruy Blas de Victor Hugo : Doña Maria de Neubourg, reine d'Espagne

Mademoiselle de Belle-Isle d'Alexandre Dumas : Gabrielle

Britannicus de Racine, Comédie-Française : Junie

Le Mariage de Figaro de Beaumarchais, Comédie-Française : Chérubin

Mademoiselle de la Seiglière de Jules Sandeau, Comédie-Française

1873 : Dalila d'Octave Feuillet, Comédie-Française : La princesse Falconieri

Chez l'avocat de Paul Ferrier, Comédie-Française

Andromaque de Racine, Comédie-Française : Andromaque

Phèdre de Racine, Comédie-Française : Aricie

 Le Sphinx d'Octave Feuillet, Comédie-Française

 1874 : Zaïre de Voltaire, Comédie-Française

Phèdre de Racine, Comédie-Française : Phèdre

1875 : La Fille de Roland d'Henri de Bornier, Comédie-Française

L'Étrangère d'Alexandre Dumas fils, Comédie-Française : Mrs Clarkson

1876 : La Nuit de mai d'Alfred de Musset, Comédie-Française : la Muse

Rome Vaincue d'Alexandre Parodi, Comédie-Française : Posthumia l'aveugle

1877 : Hernani de Victor Hugo, Comédie-Française : Doña So

1879 : Mithridate de Racine, Comédie-Française : Monime

Phèdre de Racine, Comédie-Française : Phèdre

1880 : L'Aventurière d'Émile Augier, Comédie-Française

Froufrou d'Henri Meilhac et Ludovic Halévy, théâtre de la Porte-Saint-Martin

Adrienne Lecouvreur d'Ernest Legouvé et Eugène Scribe, théâtre de la Gaîté-Lyrique

La Dame aux camélias d'Alexandre Dumas fils, théâtre de la Gaîté-Lyrique : Marguerite Gautier

1882 : Fédora de Victorien Sardou, théâtre du Vaudeville

 1883 : Pierrot assassin de Jean Richepin, Palais du Trocadéro : Pierrot

Nana Sahib de Jean Richepin, théâtre de la Porte-Saint-Martin

1884 : Macbeth d'après William Shakespeare, adaptation Jean Richepin, théâtre de la Porte-Saint-Martin : Lady Macbeth

Théodora de Victorien Sardou, théâtre de la Porte-Saint-Martin : Théodora, impératrice de Byzance

1885 : Marion Delorme de Victor Hugo, théâtre de la Porte-Saint-Martin

1886 : Hamlet adaptation Louis Cressonnois et Charles Samson d'après William Shakespeare : Hamlet

1887 : L'Aveu de Sarah Bernhardt

La Tosca de Victorien Sardou, théâtre de la Porte-Saint-Martin

1890 : Jeanne d'Arc de Jules Barbier, théâtre de la Porte-Saint-Martin

Cléopâtre de Victorien Sardou, théâtre de la Porte-Saint-Martin : Cléopâtre

1891 : Pauline Blanchard d'Albert Darmont

Léah, tournée aux États-Unis et au Royaume-Uni

1893 : Les Rois de Jules Lemaître, théâtre de la Renaissance

 Phèdre de Racine, théâtre de la Renaissance

1894 : Izeyl d'Eugène Morand et Armand Sylvestre, musique Gabriel Pierné, théâtre de la Renaissance

Fédora de Victorien Sardou, théâtre de la Renaissance

Gismonda de Victorien Sardou, théâtre de la Renaissance

1895 : Amphitryon de Molière

Magda d'après Heimat d'Hermann Sudermann

La Princesse lointaine d'Edmond Rostand, théâtre de la Renaissance

1896 : La Dame aux camélias d'Alexandre Dumas fils, théâtre de la Renaissance

Lorenzaccio d'Alfred de Musset, théâtre de la Renaissance : Lorenzaccio

1897 : La Tosca de Victorien Sardou, théâtre de la Renaissance

Spiritisme de Victorien Sardou, théâtre de la Renaissance

La Samaritaine d'Edmond Rostand, théâtre de la Renaissance

Les Mauvais Bergers d'Octave Mirbeau

1898 : L'Affranchie de Maurice Donnay, théâtre de la Renaissance

Lysiane de Romain Coolus, théâtre de la Renaissance

La Ville morte de Gabriele D'Annunzio

Médée de Catulle Mendès, théâtre de la Renaissance

La Dame aux camélias d'Alexandre Dumas fils

Hamlet de William Shakespeare : Hamlet

1900 : L'Aiglon d'Edmond Rostand, théâtre Sarah-Bernhardt : duc de Reichstatdt

Cyrano de Bergerac d'Edmond Rostand, tournée USA

1902 : La Samaritaine d'Edmond Rostand, théâtre Sarah-Bernhardt

Théodora de Victorien Sardou, théâtre Sarah-Bernhardt : Théodora, impératrice de Byzance

Francesca da Rimini de Marion Crawford, théâtre Sarah-Bernhardt

Théroigne de Méricourt de Paul Hervieu, théâtre Sarah-Bernhardt

1903 : Andromaque de Racine, théâtre Sarah-Bernhardt : Hermione

Werther de Pierre Decourcelle d'après Goethe, théâtre Sarah-Bernhardt

Circé de Charles Richet

La Sorcière de Victorien Sardou, théâtre Sarah-Bernhardt

1904 : Le Festin de la mort d'Antoine de Castellane, théâtre Sarah-Bernhardt

Varennes d'Henri Lavedan et G. Lenotre, théâtre Sarah-Bernhardt

1905 : Angelo, tyran de Padoue de Victor Hugo, théâtre Sarah-Bernhardt

Esther de Racine, théâtre Sarah-Bernhardt

Pelléas et Mélisande de Maurice Maeterlinck, Londres : Pelléas

1906 : La Dame de la mer d'Henrik Ibsen

La Vierge d'Avila de Catulle Mendès, théâtre Sarah-Bernhardt : Thérèse d'Avila

1907 : Les Bouffons de Miguel Zamacoïs, théâtre Sarah-Bernhardt

La Belle au bois dormant de Jean Richepin et Henri Cain, théâtre Sarah-Bernhardt

1908 : La Courtisane de Corinthe de Paul Bulhain et Michel Carré, théâtre Sarah-Bernhardt

1909 : La Tosca de Victorien Sardou, théâtre Sarah-Bernhardt

Le Procès de Jeanne d'Arc d'Émile Moreau, théâtre Sarah-Bernhardt

La Beffa de Jean Richepin, théâtre Sarah-Bernhardt

1910 : Judas de John de Kay

Sœur Béatrice de Maurice Maeterlinck

1911 : Tartuffe de Molière : Dorine

1912 : La Reine Elizabeth d'Émile Moreau

1913 : Jeanne Doré de Tristan Bernard : Jeanne Doré

1914 : Athalie de Racine

1919 : La Fée d'Alsace d'Auguste Villeroy

1920 : Athalie de Racine

1921 : La Gloire de Maurice Rostand

1922 : Régine Armand de Louis Verneuil

Daniel de Louis Verneuil

? : Le Roi Lear de William Shakespeare: Cordelia

? : Antoine et Cléopâtre de William Shakespeare : Cléopâtre

Cinéma

1900 : Le Duel d'Hamlet de Clément Maurice (film sonore)

1909 : La Tosca d'André Calmettes et Charles Le Bargy

1912 : La Dame aux camélias d’André Calmettes et Henri Pouctal : Camille

La Reine Élisabeth de Louis Mercanton, Henri Desfontaines et Gaston Roudès

Sarah Bernhardt à Belle-Isle : elle-même

1913 : Adrienne Lecouvreur de Louis Mercanton et Henri Desfontaines : Adrienne Lecouvreur

1915 : Mères françaises de Louis Mercanton et René Hervil : une infirmière de la Croix-Rouge

Ceux de chez nous, documentaire de Sacha Guitry : elle-même

1916 : Jeanne Doré de Louis Mercanton et René Hervil

1919 : It Happened in Paris de David Hartford

1924 : La Voyante de Léon Abrams (distribué après sa mort)

Écrits

Dans les nuages - Impressions d'une chaise, éd. Charpentier, Paris, 1878

L'Aveu, drame en un acte en prose, 1888

Adrienne Lecouvreur, drame en six actes, 1907

Sarah Bernhardt, Ma double vie : mémoires de Sarah Bernhardt

Un cœur d'homme, pièce en quatre actes, 1911

Petite Idole (roman), Nilsson, Paris, 1920

Jolie Sosie (roman), Nilsson, Paris, 192057

L'Art du théâtre : La voix, le geste, la prononciation, etc..

Sculpture

Le Fou et la Mort, statuette en bronze, Musée de la Ville de Mont-de-Marsan, Musée des Beaux-Arts de Dijon

Émile de Girardin, buste en bronze, Musée d'Orsay

Louise Abbéma, buste en bronze, Musée d'Orsay

Peinture

La Jeune Fille et la Mort, Salon de 1880

Souvenirs historiques

Le musée Carnavalet conserve une médaille en or à l'effigie de Victor Hugo, exécutée par le graveur Jules-Clément Chaplain et qui fut offerte à Sarah Bernhardt - en 1911 - pour la centième représentation de Lucrèce Borgia.

 

 

Les portraits de Sarah Bernhardt

Sarah bernhardt par nadar 1864
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(Sources : Wikipédia)